5/30/2018

Allah Akbar de merde


Au fond je me demande bien quel intérêt ont les télés à faire venir tant de spécialistes sur leurs plateaux après chaque attentat. A quoi peuvent bien servir des heures de dissertation quand, dans un raccourci lumineux, une femme résume le sentiment général :


5/28/2018

King Kong




Non faut reconnaître qu'il l'a bien escaladée cette façade. Riton en bas qui sirotait sa Suze-Cassis a salué l'exploit...en en commandant une deuxième. Lui avec sa surcharge pondérale et son AVC en préparation c'est bien la seule chose qu'il pouvait faire.
Mon nègre ce héros...
Sois le bienvenu toi qui, l'espace de 24 heures, nous fait oublier notre perdition.

Fredi chante...

...Les enfants du Pirée :

 


5/25/2018

Au Palais




L'autre soir j'étais à l'Opéra. Il n'est pas dans mes habitudes de fréquenter ce genre de lieux, je n'y ai point d'abonnement, mais ce soir là j'y étais un peu obligé.
Au Palais Garnier il n'y a plus guère d'opéras depuis que Mitterrand en a  décidé ainsi, la vieille bâtisse, qui perd un peu ses pierres et ses ornements, est essentiellement dédiée à la danse. L'Opéra lui, a pris la Bastille.
Quatre tableaux ponctuaient la soirée entrecoupés d'entractes assez longs pour aller fumer sur la terrasse, boire une coupe de champagne. Le premier de ces tableaux était intitulé "Frôlons" et donnait envie de fuir. Mais les suivants, "The art of not looking back", " The mâle dancer", et surtout le dernier,  "The seasons'canon", avaient de quoi émouvoir le néophyte que je suis, cet indécrottable plouc qui n'entrave que pouic à la danse et encore moins à la danse contemporaine. Comme quoi dès lors que l'on dispose d'un peu de sensibilité tout devient accessible. Démocratisons la culture !
C'est en cours d'ailleurs et ce qui m'a frappé c'est aussi le public qui, désormais, semblant prendre au pied de la lettre le slogan d'un clown célèbre, vient un peu comme il est. Un peu trop parfois. Et je me suis pris à rêver d'un aller-retour comparatif dans le temps : arrivé en calèche j'entrais dans ce temple, vers 1800 et des poussières, aux bras de ma belle pour une représentation de "Didon et Enée", elle dans une robe à volants et rubans de dentelles, moi dans une redingote avantageuse, canne à pommeau (ou à système, je suis déjà un peu voyou) à la main.
J'suis rentré en métro avec plein d'idées ambivalentes dans la tête. La principale étant que tous ces beaux monuments pouvaient bien s'écrouler ça n'aurait aucune espèce d'importance : ils ne parleront bientôt plus à personne. La faune grouillante et souterraine attend autre chose que nos nostalgies conservatrices ne lui apporteront pas. Faut bien comprendre.
Il est temps d'achever la révolution, de tout raser. Allons danser à La Busserine !
Rideau !



5/19/2018

Lettre à Brigitte




Brigitte,

je m'adresse à toi car je sais bien que ton homme, tout gonflé d'orgueil qu'il est de s'être fait caresser par Trump, ne m'écoutera jamais.
Alors dis-lui toi, qu'il ne peut être à la fois roi Nègre, Napoléon, grand mufti de Paris et accessoirement Louis XIV. Ça ne marche pas, n'a jamais marché nulle part, ne marchera jamais, qu'il arrête de faire semblant de nous faire croire que chez nous c'est possible. Rappelle-lui qu'il y a tout juste un an il a hérité de la tâche sublime de sauvegarder la France et les intérêts de son peuple, qu'il a sur ses frêles épaules la charge d'une continuité historique. Qu'il s'y tienne c'est au fond tout ce que nous lui demandons. Essaie aussi, autant que peut se faire, de le tenir éloigné des voyous qu'il a trop tendance à côtoyer, ces tristes sires qui, par la grille du Coq à la nuit tombée, s'introduisent dans ta maisonnée, viennent lui souffler de bien préjudiciables conseils. Ils sont fanés tu le sais bien ces conseillers qui déjà dans les années quatre-vingt distillaient leur poison mortel à un président malade.
Parle-lui sur l'oreiller, avant qu'il ne s'endorme, des malheurs des Français qu'il se refuse à voir : la grande invasion, le désespoir de nos paysans, le camembert au lait pasteurisé... je te laisse compléter.
Moi, et derrière moi tout un peuple, comptons sur toi comme jadis sur Jeanne d'Arc, et je ne doute pas que tu sauras être sa meilleure conseillère, sa muse et notre voix, le faire rentrer dans le droit chemin.
Après tout n'es-tu pas déjà un peu sa maman ?

Pour un nouveau contrat social



Cet interview que je pique au Figaro aurait pu aller directement dans mon autre blog, Rue des archives et y croupir vu qu'il n'est guère consulté que par une dizaine d'audacieux. Mais, comme il reflète exactement ce que je pense souhaitable pour mon pays (pas pour moi dont l'essentiel du séjour terrestre est accompli, mais au moins pour mes enfants), je veux en faire profiter la centaine de lecteurs qui visitent encore "Demain à l'aurore". Les petits ruisseaux...
Je partage avec Hervé Juvin le goût de l'écologie authentique, la détestation du sans-frontiérisme, des grands prêtres et apôtres du nomadisme, de la grande distribution prédatrice, la nostalgie d'une France forte, souveraine, indépendante, un peu gaullienne en somme. En fait Hervé Juvin c'est moi, pour le dire plus simplement. 
Les mots d'Hervé Juvin résonnent comme un appel à un nouveau contrat social, urgent, rassembleur et salvateur. Si nous passons à côté de ce nouveau contrat social, alors je crains qu'il en sera définitivement fini de nous.
Une fois n'est pas coutume, je surligne les passages qui me parlent le plus, et ils sont nombreux.*
Bonne lecture !


«Pour la première fois, l'existence de la France semble aussi directement menacée en temps de paix qu'elle a pu l'être en temps de guerre». N'exagérez-vous pas? Qu'est-ce qui vous conduit à formuler un constat aussi alarmiste?

Hervé JUVIN.- Le cardinal de Richelieu l'avait dit: «l'Église a l'éternité devant elle, la survie de la France est un combat de chaque jour.» Nous l'avons oublié. Ce combat, depuis trop d'années, n'a pas été mené. Tout a été dit, fait, assumé, comme si la France pouvait tout subir, tout payer, tout accepter. Tout a été affirmé, géré, décidé, comme si la France était le problème, comme si l'identité française était un gros mot, comme si défendre la France était coupable, honteux, et condamnable. Qu'il s'agisse des dérives anti-démocratiques de l'Union européenne, qui entend punir les peuples qui votent mal et les nations qui ne veulent pas se dissoudre dans le grand tout du droit et des Droits, qu'il s'agisse des migrations et de l'intégration de populations étrangères, qui condamnent la France si elle n'est pas fière, forte et sûre d'elle-même, qu'il s'agisse du marché du droit qui entend subordonner les lois, les États et les Nations à l'intérêt du capital à travers la privatisation de la justice, qu'il s'agisse du totalitarisme de l'individu qui détruit implacablement les sociétés les plus soucieuses du respect de la personne humaine, tout ce qui fait la France, tout ce qu'il y a de français en France et dans le monde a été réduit, bafoué, ou détruit. Qui ose encore prononcer la devise: liberté, égalité, fraternité?
La France n'est pas le problème, elle est notre chance, à nous Français, et à eux, si nombreux dans le monde, qui rêvent de la France et qui attendent qu'elle redevienne ce qu'elle est - la France libre, la France championne des non-alignés, la plus grande France! La France est ce que nous avons de meilleur.
Voilà pourquoi nous allons vivre un moment politique ; le moment où l'arrangement entre la nature, l'identité et la société va prendre le pas sur l'abandon au droit, au marché et à la croissance, dont les promesses ne sont pas tenues, et qui ne peuvent plus être identifiées au progrès.

Vous insistez dans votre livre sur la politique étrangère de la France. Quel doit être le fil conducteur de cette politique? Comment jugez-vous l'action diplomatique d'Emmanuel Macron depuis son élection?

Quels sont les intérêts de la France? Comment les affirmer, comment faire la France plus forte, plus écoutée, comment protéger les Français et garantir leur liberté?
Tout Français ne peut que souhaiter la réussite du Président Emmanuel Macron ; il y va de notre intérêt à tous, de la paix et de la guerre, il y va de la France! Mais force est de constater que sur ces sujets, comme sur bien d'autres, nous attendons encore qu'il exprime sa vision et qu'il nous explique ses choix. Il a su ranimer des symboles utiles ; réception à Versailles, solennité républicaine, et jusqu'au culte du héros, en la personne du gendarme Beltrame. C'est bien.
Mais les effets de ses vœux européens se font attendre. L'Allemagne n'a pas bougé. Mais les résultats politiques de la participation française à l'opération de bombardement en Syrie ont été nuls ; Donald Trump n'a pas bougé dans sa décision de sortir de l'accord sur le nucléaire iranien, et l'Union européenne a été renvoyée à son insignifiance géopolitique. Mais les déclarations d'intention contre la soumission aux sanctions américaines et à l'extraterritorialité de leurs embargos ne trompent personne ; les entreprises françaises se verront soumises à l'ordre américain, faute d'une politique étrangère claire, qui fixe les lignes rouges, désigne l'ennemi, et fasse passer l'intérêt national avant tout. C'est bien d'en appeler au multilatéralisme, mais comment ne pas constater, avec Donald Trump ou Israël, les perversions d'un système onusien qui avait donné à un représentant de la Libye la présidence d'une commission sur les droits des femmes? C'est bien de défendre les accords commerciaux, mais comment ne pas voir que le libre-échange a fait une poignée de milliardaires, des millions de chômeurs, la mort de nos villages et de nos villes moyennes, pillés par la grande distribution, et la ruine de nos territoires, abandonnés par les métropoles qui se rêvent virtuelles?
Trois idées doivent conduire notre politique. D'abord, une initiative de civilisation qui travaille à réunir les rameaux dispersés d'un tronc commun qui va de Jérusalem à Byzance, en passant par Athènes et Rome. La construction de la Russie comme ennemi est suicidaire, quand le monde européen rencontre des mondes chinois, indiens et demain, africains, qui lui contesteront son existence même. Ensuite, le renouveau de la liberté française, ce non-alignement autorisé par l'indépendance nucléaire, qui doit faire de la France la voix de tous ceux qui refusent un monde soumis aux nouveaux empires qui s'avancent sous le manteau de la multipolarité. Ni Américains, ni Chinois, ni Russes, mais Français! Enfin, un choix politique qui cherche la paix et l'ordre mondial ailleurs que dans l'universalisme et l'impérialisme, ailleurs que dans un développement forcé et une croissance désaccordée du progrès, dans l'harmonie née de la diversité des systèmes politiques et sociaux, des cultures, et des choix de production et de consommation.

Vous prônez une véritable «révolution écologique» dont la France pourrait être la figure de proue. Quelle forme doit prendre cette révolution et pourquoi la France vous paraît avoir tous les atouts pour la mener?

L'avenir est à la réconciliation de l'homme avec toutes les formes de vie, ou bien notre survie sera en jeu. C'est bien d'une révolution dont il s'agit, que j'hésite à qualifier d'écologique tant les mots ont été piégés par le hold-up réussi de l'ultra gauche sur les sujets environnementaux ; associer écologie et ouverture des frontières, quand tout être vivant dépend de sa capacité à réguler ses échanges avec son milieu, à capter ce qui le nourrit et à rejeter ce qui lui nuit, il fallait oser! C'est surtout la clé du moment politique actuel ; tout projet politique sera jugé à l'aune de la survie de la France, d'abord, et ensuite de sa capacité à préserver ce trésor français qu'est la beauté des paysages, la générosité de ses terres, la diversité des formes qu'y a pris la vie. Et le sujet est actuel. La France subit d'intenses pressions pour faire de ses terres un actif comme un autre, que le capital mondial puisse acheter, exploiter et vendre comme il le veut. La France subit l'appropriation de ses semences, des ressources génétiques des espèces vivantes sur son territoire, qui devront être payées aux banquiers du vivant, les nouveaux usuriers. La France voit grandir les menaces sur ses appellations territoriales, que les géants de l'agroalimentaire et de la nourriture industrielle veulent détruire pour les remplacer par leurs marques commerciales ; après les hommes hors sol, il faut fabriquer de la viande, des légumes, des fruits, de nulle part! Et la France voit ses biens communs se réduire sous l'appétit conjoint des promoteurs immobiliers pour son littoral, des capitaux nomades pour ses infrastructures et ses services collectifs, des pillards numériques pour les données personnelles des Français, leur sécurité et leurs souvenirs!
Voilà pourquoi toute politique sera une politique de la vie. Voilà pourquoi rien n'est plus urgent que de travailler à une réponse de société au projet de civilisation écologique chinoise, tel que le Président Xi Jin Ping l'a formulé, tel que le philosophe Zhao Ting Yang vient de le préciser dans son livre programme «Tianxia, tout sous un même ciel». Depuis trente ans, la France n'est plus ce foyer universel d'idées, de modèles, de systèmes, qu'elle a été avec les existentialistes, les structuralistes, comme avec les philosophes de la déconstruction. Qu'elle le redevienne sur le sujet majeur de tout dialogue de civilisation qu'est le sacré de la vie, le savoir des limites et la coopération de tous les êtres vivants!

Vous êtes un fervent défenseur de la diversité culturelle des peuples et critiquez notamment les politiques de développement. Mais le risque, en renonçant à l'universalisme, n'est-il pas de tomber dans le relativisme culturel qui fait le jeu du multiculturalisme?

La diversité est l'effet indépassable de notre liberté politique. Les sottises émises avec autorité par ceux qui voient dans l‘unification du monde le moyen d'asseoir leur domination universelle, ou leur prétention à l'élection divine, oublient cette réalité bien connue des ethnologues ; placez deux groupes humains dans les mêmes conditions climatiques, naturelles, historiques, et ils produiront deux sociétés différentes! Le totalitarisme de l'individu est la plus grande menace qui pèse sur notre condition humaine, car il tend à détruire la liberté des sociétés à se donner leurs lois, à décider de leurs mœurs et à affirmer leurs croyances! La vraie diversité est collective, elle est bafouée au nom des droits illimités de tout individu à détruire la société qui honore ses droits, et pourtant cette diversité est un bien supérieur à tout autre ; si tous désirent la même chose, nous nous battrons jusqu'au dernier pour l'obtenir! C'est la dimension suicidaire de la globalisation.

Vous constatez que «le monde se ferme, que l'actualité est aux murs, aux frontières, et que les illusions de l'individu hors-sol s'éloignent dans un horizon sinistre». Est-ce la fin de la mondialisation et le retour des États-nations?

Concrètement, la diversité sera préservée par la souveraineté nationale et par l'intelligence de la séparation. Nous n'en avons pas fini avec la terre qui est sous nos pieds! C'est la frontière qui pacifie la diversité et qui permet cette fantastique expression du génie humain qu'est la diversité des cultures et des civilisations! Les plus grands malheurs du monde viennent de l'ingérence de ceux qui prétendent détenir le Bien dans les affaires de leur voisin. Les plus grands crimes ont été commis au nom du devoir d'ingérence, de la responsabilité de protéger, et autres subterfuges de l'Empire du Bien. Je n'irais pas me mêler des lois, des mœurs et des pratiques religieuses de l'Arabie Saoudite, même si je peux avoir mon jugement sur eux. Je n'entends pas que l'Arabie Saoudite se mêle des lois, des mœurs et des pratiques religieuses en France. Voilà la politique réaliste de la diversité, qui est l'autre nom de l'écologie humaine, et la seule voie de la paix entre les peuples.
Ce n'est pas la fin c'est le dépassement! Nous vivons dans un monde globalisé. La mondialisation est là, déjà là, c'est déjà un fait du passé ; l'avenir se joue ailleurs. Il n'est plus de brousse, de jungle ou de désert où ne règne pas le téléphone portable! C'est fait. Ce qui vient, c'est que des cultures disparaissent, faute de s'emparer des nouveaux outils, tandis que d'autres, certaines parmi les plus archaïques ou les plus étrangères à l'ordre de la technique, s'en emparent et en font leurs armes ; voyez l'hindouisme actuel en plein renouveau, voyez surtout l'Islam radical et la puissance qu'a pu avoir l'État islamique sur les réseaux! La vague d'uniformisation est passée ; les sottises sur la démocratie planétaire sont loin derrière nous. La diffusion mondiale des singularités et l'affirmation dans la globalisation des identités les plus fortes, des cultures les plus spécifiques, est devant nous. Elle l'est d'autant plus que les murs, les barrières, les péages se multiplient, tandis que les vitesses de déplacement se réduisent partout, sur nos routes comme dans les airs. L'avenir est aux communautés dotées d'une identité forte, aux entreprises porteuses de singularités territoriales, culturelles, marquantes, aux peuples riches de biens communs hors marché. Voilà pourquoi la France doit retrouver une affirmation forte d'elle-même. C'est la condition pour qu'elle soit gagnante dans le monde d'après la mondialisation.

L'un des défis majeurs des prochaines années est l'immigration africaine. A-t-on les moyens d'empêcher la «ruée vers l'Europe» (Stephen Smith) que prédisent implacablement les courbes démographiques? Ne faut-il pas se résoudre à voir l'Europe s'africaniser?

Il est clair qu'en matière de pression migratoire, nous n'avons encore rien vu, surtout si ses ennemis continuent d'imposer à l'Europe des idées et des pratiques qui détruisent son unité et implantent sur son sol tous les conflits du monde! Dans ce domaine, subir n'est pas de mise. Il faut anticiper, il faut défendre, et il faut proposer.
Le problème n'est pas l'Afrique, c'est la France! C'est l'absence d'une politique africaine digne de ce nom, qu'a illustrée la désastreuse destruction du verrou libyen, qu'illustre l'enlisement au Sahel et en Centrafrique! Et c'est l'absence d'une politique de population qui ose dire son nom, comme condition de la paix civile, de l'unité nationale, et de la sécurité des Français. Il y a urgence à la définir! D'abord parce que, depuis l'abandon de l'Union de son devoir de protéger les Européens, il revient à la France, et à elle seule, de tenir ses frontières et de n'admettre sur son territoire que celles et eux qu'elle choisit. Comme l'a rappelé Donald Trump, une nation qui ne tient pas ses frontières n'existe plus. Ensuite, parce que l'Afrique peut être une chance pour la France, la chance notamment que le français redevienne une langue mondiale, la troisième par le nombre de ses locuteurs.
La chance aussi que les modèles, les systèmes, les approches français, retrouvent par l'Afrique une dynamique d'expansion et un rayonnement qu'ils sont largement perdus. Enfin, parce que la France a des amis, des alliés et des cousins en Afrique. La France peut et doit leur dire que c'est en Afrique qu'ils trouveront leur voie, pas dans l'importation désastreuse des mœurs et des lois américaines, pas dans la néo-colonisation chinoise ou indienne, pas dans les migrations en masse, mais dans l'affirmation des singularités, des identités et de la diversité africaine. Libérer l'Afrique des entreprises qui pillent ses ressources, des trafiquants d'êtres humains qui vendent ses talents et ses intelligences au plus offrant, des accapareurs de terres comme des sectes qui veulent s'emparer de son âme, voilà un projet pour la France en Afrique!

Ici encore, le moment est politique, et c'est le moment où la France doit en finir avec l'abandon mou aux préceptes venus du dehors, le moment où renouer avec les pays d'Afrique des relations de franchise, de responsabilité et de respect mutuel, le moment où entre une Europe qui n'a pas le choix de tourner le dos à l'Afrique, et une Afrique qui ne colonisera pas l'Europe, la France peut être un intermédiaire essentiel.

*A la réflexion non : tout l'article serait stabiloté de jaune.

5/18/2018

L'heure noire

Entendu ce soir dans les embouteillages "Le Rondeau des Indes Galantes" dans l'émission "L'heure Bleue" sur France-Inter où il était question de l'inexorable déclin de notre belle langue française. Les coupables sont connus depuis longtemps : publicitaires, journalistes massacreurs fabriqués à la chaîne, politiques et chanteurs préférant l'anglais à leur langue maternelle, sans oublier bien sûr l'E-N qui n'enseigne plus grand-chose.
C'est assez désespérant que de vivre notre époque : on part le matin pour son travail en ayant lu dans un quotidien que nos espèces familières (plantes, insectes, animaux) sont proches de la disparition, on en rentre le soir avec la perspective de la perte définitive de ce qui contribua à faire de nous une grande civilisation : nos mots et notre façon de les agencer.
Le Rondeau donc, pour se consoler :





Et le lien de l'émission pour ceux que ça intéresserait.

5/13/2018

Mercy




Mercy, ô oui mercy mille fois.
Mercy d'être ce peuple aveugle qui, avec constance, porte au pouvoir des gens qui vous méprisent. Mercy d'avoir encore une fois porté à l'Elysée un président qui manie si bien l'impôt et si peu la défense de vos frontières, de votre nation. Mercy pour votre généreux droit du sol, votre nationalité si facilement accessible (on me dit que vous avez une sénatrice trinationale qui prend volontiers notre défense ? quel merveilleux pays que le vôtre !), mercy à votre ministre de l'intérieur à la voix chevrotante qui signale si bien au monde entier votre pays malade, comme l'odeur de putréfaction indique le cadavre du mouton aux rapaces. Mercy enfin à tous vos politiques et penseurs qui demeurent interdits, s’interdisent, restent tétanisés devant l’action pourtant nécessaire. Ils ont voulu le pouvoir mais renoncent à l’exercer (comme tant d’autres avant eux), tremblent à l’idée d’une condamnation morale d’un président d’association qui ne représente que lui, d'un magnat multimilliardaire qui ne rêve que notre ruine.
Mercy pour votre loi "asile et immigration" : j'en ris encore.
Je n'oublie pas le procureur Moulins et son indéfectible dévouement, lui qui voit un wek-end sur deux son repos bousillé.
Mercy pour finir d'être ce peuple sans roi, sans guide ni chef et si magnifiquement émasculé.
Je ne regrette qu'une seule chose au fond : mon piètre score hier soir à l'Eurovision.
Mais mon coup de couteau fut parfait.

5/12/2018

Lagorce 07

Arrivés vers treize heures, T. et moi nous sommes assis à la table de ce restaurant italien, avons commandé des assortiments d'antipasti. L'assiette nous arrive, généreuse et variée, un repas en soi. Un vin de pays plus qu'honorable fait glisser le tout. Nous continuons avec une Napolitaine. Le chef n'a pas pleuré les anchois et nous hésitons à reprendre un pichet. Plus sagement nous décidons de partir à l'assaut des ruelles pavées (un vrai supplice pour les pieds) qui font de Lagorce un village aux allures un peu corses.


Redescendus dans la rue principale (qui souffre d'une fréquentation automobile importante), nous rejoignons notre carrosse (Renault 19 antédiluvienne) et prenons la direction des sources de Font Garou. C'est, dans un décor minéral et boisé, une rivière souterraine qui traverse la montagne de part en part et alimente en eau potable les communes se trouvant de chaque côté. Si la descente fut périlleuse, la remontée s'avéra terrible pour mon cœur de fumeur. Mais T., indulgent ou sincère s'exclama au sommet :
- c'est bon !
Tu peux signer un bail de cinq ans dans la Légion !

Quelques heures plus tard nous retrouvions notre terrasse préférée.


5/06/2018

Voyage




C'est étrange comme expérience, l'impression de remonter le temps. Parti de Paris-Bercy à huit heures, j'arriverai à Lyon un peu avant treize heures. Pour faire moins bien il m'eût fallu prendre une diligence. A Lyon je n'en aurai pas fini pour autant : il me faudra poireauter plus d'une heure avant d'avoir la correspondance pour Valence. Autant dire que je voyage à l'ancienne, dans cette époque où le TGV n'avait pas encore rétréci les distances, déformé l'hexagone. Mais ce n'est pas par choix ou goût de la lenteur que je me retrouve dans ce train du siècle dernier : j'ai pris ma décision trop tard et tout était complet, ne restaient que quelques places à des prix très dissuasifs. Alors je me traîne dans ces beaux paysages de France que le soleil rend encore plus agréables à contempler. Villages, cours d'eau, prairies et collines boisées, je redécouvre le voyage. J'ai pour meubler le temps un livre : Mont-Dragon de Robert Margerit. Mais les premières pages m'ennuient profondément. Je ne suis pas certain d'être intéressé par la vie de ces bourgeois de province.
Tiens...
Nous sommes à l'arrêt au milieu de nulle part.
Je crois que ça va être interminable...

Beaune deux minutes d'arrêt. Dans deux heures nous serons à Lyon. Mon Dieu que c'est grand la France à 130km/h !



On dirait le sud :