mercredi 5 octobre 2016

Duplication


                                           


DUPLICATION, subst. fém.
Fait de doubler et son résultat.

L'autre soir j'étais allongé sur le canapé, une main où reposait ma tête, l'autre tenant la télécommande de la tévé, à la romaine si vous voyez le topo. Je zappais nonchalamment quand soudain apparut sur mon écran antédiluvien la face joviale, pleine de cette bonhomie qui lui est si naturelle, d’Yves Calvi. Il était entouré de ses intervenants habituels aux cheveux soignés quoique souvent blancs, si habituels que je ne comprends pas pourquoi j'ai tant de mal à me souvenir du nom de ces doctes personnages qui aiment à nous prodiguer inlassablement leur immense savoir aux heures de grande écoute.
"Tiens, me dis-je, c'est bizarre..."
Je m'attardais quelques instants. Il y était question de politique. Je dirais même de politique-fiction vu que nous sommes encore à six mois de la présidentielle. Chacun y allait de ses pronostics, de son argumentation parfaitement étayée mais dont je n'avais pas grand-chose à faire à vrai dire. Quand il m'arrive de tomber sur ce genre de débat, sauf étourderie, paresse ou fatigue, je zappe ou j'éteins en me disant "nous verrons bien en mai".
Non mais...
Mais là quelque chose m'amusait.
Pour en avoir le cœur net j'allais directement sur la Cinq pour me retrouver dans un décor familier, celui de "C dans l'air" animée depuis la rentrée par la très charmante Caroline Roux. Là aussi on débattait de politique ou du destin politique de quelques prétendants au trône. Le doute n'était plus permis : il y avait bien désormais DEUX "C dans l'air" ! L'une sur la Cinq et l'autre que j'avais entraperçue sur LCI, avec les mêmes invités interchangeables.
J'imagine aisément les échanges téléphoniques, les SMS frénétiques entre les deux compères :

Caroline Roux :
- Yvon mon chaton, j'ai un coup de mou dans mes audiences. Pour la semaine prochaine tu me refiles le Raymond ?
Yves Calvi :
- mais bien sûr ma chérie, tu sais bien qu'entre nous il n'y a pas de problème, qu'il n'y aura jamais de problème j'ai envie de dire... Par contre je te pique le Christophe et le Brice : un Raymond ça vaut bien ça.
- t'es dur en affaire toi...Ça va ! On fait comme ça. Des bisous partout mon nounours !

Oui parce que Raymond c'est du lourd, tout le monde se l'arrache. J'ignore s'il a voiture avec chauffeur mais si c'est le cas ce dernier ne doit pas souvent couper le moteur ! Avec ses allers-retours entre BFM, la Cinq et LCI il n'a plus une minute à lui le Raymond (Raymond la Science, on le surnomme dans le microcosme). N'empêche que parfois je le sens un peu las de ce petit jeu. Il y a des moments comme ça, en plein direct, où il s'échappe. Alors il croise les bras, ne participe plus au débat qu'en dodelinant de la tête, on sent qu'il aimerait être ailleurs, n'importe où, au Terminus Nord avec ses potes devant une choucroute mais pas ici. La Caroline le remet en marche d'un mot, d'un petit geste de la main glissé en experte sur la table, pas grand-chose mais c'est suffisant pour qu'il retrouve sa fiche mnémotechnique et nous la déroule en y changeant à peine une virgule, la même qu'il déroulera plus tard chez Yves Calvi. Du grand art...
Ah oui avant que j'oublie : "C dans l'air" sur LCI s'appelle "24 heures en questions", mais vous ne serez pas dépaysés. Sauf peut-être par la pub.







7 commentaires:

  1. Ah, mais c'est rigolo, ça: on imagine parfaitement les Romains, nonchalamment allongés, en toge, la télécommande à la main!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Vi...:)
      Tiens je profite de votre commentaire pour faire mon mea culpa qui prouve bien que je n'ai pas la mémoire des noms : le personnage de mon dernier paragraphe se prénomme Roland et non Raymond.

      Supprimer
  2. Caroline Roux, très charmante peut-être, irradie la peur de perdre la maîtrise des prises de parole, elle ne possède pas l'art de reformuler et de poser les questions faussement naïves que pratique Yves Calvi. Elle dérape dans les aigus, coupe la parole, agite le doigt pour accélérer le propos de l'expert. Fatigante.

    Si c'est de Roland Cayrol qu'il s'agit, peut-être se sent-il un peu démonétisé depuis que la presse a publié sa proximité avec le Mou ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le Mou ou Macron désormais ?
      On ne sait plus...
      Mais je pensais bien à Roland Cayrol.

      Supprimer
    2. Au fait Souris donc, ça devient quoi Antidoxe ?
      J'aimais bien...

      Supprimer
  3. Accaparements et indiscrétions, on va dire.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Accaparements je peux comprendre, indiscrétions moins.
      Mais comme je ne suis pas indiscret...

      Supprimer

Chacun peut ici donner libre cours à sa fantaisie.
A condition toutefois de rester dans les bornes habituelles, largement connues de tous.