lundi 7 novembre 2016

L'île des perroquets



Le préfacier du roman, qui était aussi son éditeur, nous l'affirmait : nous avions entre nos mains un bon livre. Mais a-t-on déjà vu un préfacier nous dire qu'il nous aurait été plus profitable, pour le même prix, de nous offrir une "moules-frites" ? Il nuançait son propos en nous avertissant qu'il était préférable au préalable à la lecture d'abandonner tous types de préjugés sur ce genre littéraire, que pour bien aborder un roman d'aventures comme celui-ci il convenait d'avoir conservé intacte son âme d'enfant. Ça tombait bien : je ne suis pas trop encombré de préjugés et enfant je le suis resté le plus souvent possible. 
Si l'on résiste aux 40 premières pages, alors on est pris. On se laisse embarquer avec Antoine sur le Walrus du capitaine Flint vers les mers du sud. Tout au long du récit nous n'éviterons pas les stéréotypes du genre : les combats homériques, l'inévitable trésor, les femmes détricoteuses d'amitiés, les trahisons. Qu'importe. C'est un peu plus que ça tout de même : grâce à un vocabulaire marin très riche ( l'auteur est historien et son livre s'inspire d'anciennes chroniques), une écriture vive, des métaphores qui nous laissent extatique, Robert Margerit nous propose là une sorte de Monte-Christo en plus dynamique. Cela tient parfois de la bulle de BD (du Trésor de Rackham le Rouge écrit par Hergé deux ans plus tard), du scénario de film de série B comme ce passage où, échoués sur l’île des perroquets, nos infortunés héros se voyant menacés par des Indiens Caraïbes aux mœurs cruelles, aux appétits anthropophages, ne doivent leur salut qu'aux restes de poudre gâtée récupérés dans un navire coulé : 

- Eh bien ? dit Brice, cette poudre...
Il n'eut pas le temps d'achever. Ça fit d'abord : badaboum ! le gros fourneau ; puis les traînées des caniveaux fusèrent et : boum ; boum ! les petits fourneaux. Nous avions senti le roc trembler. Sur la plage les Indiens bleus retombaient en détails, les uns après les autres et morceaux par morceaux. Il pleuvait des petits fragments de Caraïbes hachés menu, liés dans un assaisonnement de cailloux, de sable et de feuilles. L'une des idoles, abattue, en avait écrasé quelque-uns ; l'autre penchait dangereusement.

Oui je sais : c'est mal de se moquer des Indiens Caraïbes. 
Toujours est-il que j'ai assez apprécié le style de l'auteur pour commander sur Chapitre.com deux autres livres de lui :
- La terre aux loups 
- Mont Dragon
Nous verrons bien.

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