lundi 30 janvier 2017

Je vous trouve très beau




Sans dec ce fut un beau discours. Un peu occulté hélas par les résultats du second tour des primaires des calamiteux. Ne le dites à personne, il en va de ma réputation, mais hier soir j'ai zappé les chaines où l'on faisait l'analyse de ce grand moment historique. J'ai préféré regarder une bluette dont le titre est aussi celui de ce billet. Je me suis dit en la voyant que la France était bien la patrie de ces comédies légères qui se consomment comme des marshmallows et peuvent vite devenir aussi indigestes que ces guimauves si l'on en abuse.
Mais revenons au discours de la Villette. Au début il me parut décousu, ayant l'air de sauter du coq à l’âne. En fait ce qui me semblait partir dans tous les sens n'était que la base, l'introduction de ce qui allait être développé plus longuement. Il y eu des moments forts, une énergie démonstrative, des paroles audacieuses notamment quand il parla d'immigration en affirmant que quand on entrait dans la maison des autres ce n'était pas pour y foutre le bordel (en gros). Il se fit peuple rappelant ses origines sarthoises où l'on boit volontiers le café avec la goutte, en usant d'expressions comme "il faut cesser d'emmerder les Français". Et bien sûr il y eu la défense de sa femme, Pénélope, qui vient de donner à Bernard Pivot l'idée d'un nouveau verbe, "pénéloper" ou toucher des salaires sans vraiment exercer d'activités. Il m'a paru que c'était une défense a minima. Sans doute juge-t-il que l'affaire n'est pas si grave et que dans trois mois elle aura été oubliée. Après tout...n'observe-t-on pas dans les Hauts de Seine, la réélection systématique d'un multi-mis en examen sans que cela trouble l'électeur ?
Un beau discours donc, le discours d'un homme qui voulait être Roi.  Mais une petite musique me disait que j'avais déjà entendu des mots semblables dans une forme très peu différente. Et les discours enflammés de Sarkozy de 2007 me revinrent en mémoire. Pas de doute : le candidat de 2017 avait bien appris de son prédécesseur dont on sait ce qu'il fit de ses promesses à peine élu. Et, nul ne l'ignore, c'est tout le défaut de ce genre d'exercice : il n'engage que celui qui l'écoute ; infiniment rares sont les Trump qui surprennent tout le monde en tenant leurs engagements.
Pour finir et à propos de Trump, il faut qu'un mal profond, une forme de sida mental comme disait l'autre, ait atteint une grande partie des Occidentaux pour trouver qu' "América First" est un slogan odieux qui nous ramène aux heures les plus sombres de notre histoire, que construire un mur de protection comme cela se pratique beaucoup dans le monde y compris aux frontières de l'Europe est l'idée la plus absurde, la chose la plus détestable qui soit. Moi qui suis tout sauf un américanophile, je trouve au contraire que pour une fois nous devrions nous en inspirer de ce nouveau président.
A commencer par celui qui aspire chez nous aux plus hautes fonctions (s'il sort indemne de son chemin de croix), à tenir ses promesses.
Le discours.

8 commentaires:

  1. bon, ben moi, j'ai regardé cette bonne série " Brokenwood" au moins, ça ne promettait qu'un bon moment

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    1. Je ne suis pas adepte des séries.
      En fait je regarde peu la télé.

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  2. Le fait d'éprouver une certaine lassitude, voire du dégoût, à l'endroit de la politique ne saurait en rien constituer une excuse valable pour le visionnage de films français contemporains ! J'attends votre repentance…

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    1. J'avoue une certaine honte mais que voulez-vous : on fait avec ce qu'on a.

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  3. Dans son papier sur les murs, Corto aurait dû insister sur le Mur de Berlin, marxiste donc incontestable.
    Le Mur de Berlin, défendu par les Vopos qui avaient ordre de tirer sur tout ce qui bouge, les fugitifs à découvert sur la zone médiane. Le Parti sait ce qui est bon pour toi. Pour adapter le Mur à nos besoins actuels, à la place des bergers allemands, on pourrait dans ce no-mans-land lâcher des cochons. Un élevage extensif qui devrait plaire aux écolos, et à la fin, on aurait de la charcuterie labellisée bio.

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    1. Comme le dit DG dans un commentaire du billet de Corto, les murs sont une histoire ancienne.
      D'ailleurs notre Paris n'avait-il pas des fortifications ?

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  4. "Je me suis dit en la voyant que la France était bien la patrie de ces comédies légères qui se consomment comme des marshmallows et peuvent vite devenir aussi indigestes que ces guimauves si l'on en abuse."

    Ne mangeant pas de marshmallows, je ne sais quel effet ils ont sur la digestion. Je consomme pourtant avec plaisir et sans malaise des comédies françaises (et pas que). Je dois dire que ceux qui vomissent notre cinéma me font bien rire (comme certaines de nos comédies) quand on voit les merdes étasuniennes dont ils se repaissent goulument. Quand je dis "on voit", il faut comprendre "entend parler de" car je me refuse, sauf rares exceptions, à regarder les productions de ce pays où, jusqu'ici du moins, a régné en maîtresse une idéologie mortifère dont elles constituent un vecteur non négligeable.

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    1. Moi c'est encore pire : je me refuse depuis longtemps à mettre les pieds dans un cinéma. S'il m'arrive de voir un film, américain ou autre, c'est par hasard et désœuvrement.

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