dimanche 26 février 2017

Je suis Paris




Cet après-midi je me suis offert une longue balade dans ce Paris où je vis et que je néglige trop souvent. Sous un ciel terne qui lui va si bien, j'ai parcouru ses rues et me suis souvenu. Souvenu de balades plus anciennes qui souvent se terminaient dans un bar kabyle ou dans un improbable dancing portugais, du parc des Buttes Chaumont au matin, qui prenait des allures de jardin tropical dans nos yeux enfiévrés, du chant des Lansquenets que nous entonnions à l'aube sur les boulevards encore endormis. D'autres encore, plus romantiques, plus amoureuses, plus sages aussi.
Ils auront beau faire, Paris restera cette ville déglinguée qui, quand on croit en avoir sauvé un quartier, commence déjà son inlassable travail de pourrissement. Les Halles en sont le meilleur exemple.
Mais j'aime cette ville. Moi le fils de ploucs débarqués à Paris il y a moins d'un siècle, je suis profondément, infiniment d'ici. Je suis le tailleur de pierres qui bâtissait Notre-Dame, Quasimodo aussi ; je suis le vendeur de perruches de l’île de la Cité, le Poulbot de Montmartre, le collabo de 40, le résistant peut-être, le marchand du marché noir, le boucher de la rue des Pyrénées, le proxénète de la rue Pigalle, le zazou de Saint-Germain...
Et, comme un autre, je crois aux forces de l'esprit, y'a pas de raison. Que je meure demain, il me sera absolument impossible de renaître ailleurs qu'ici.
Éternellement  je suis Paris.


2 commentaires:

  1. Notre ville vous remercie, de ce cri d'amour, moi Parisienne de plusieurs générations j'aime aussi ma ville parfois je me dis que je vais la quitter puis je me souviens que chaque fois que je l'ai fait, je me suis aperçue que je ne pouvais pas vivre ailleurs

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    1. Hier c'était un cri d'amour. Demain qui sait.
      Sinon c'est pas pour me vanter mais j'aime beaucoup mon autoportrait à l'ombre : on dirait une planche de bd de Tardi.

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