mardi 7 mars 2017

Marins d'eau douce




Il semble résolu à aller jusqu'au bout, alors ils disent "jusqu'au-boutiste", et dans leur bouche ce n'est pas un compliment.
J'entends et je lis que son obstination serait celle d'un forcené, son entêtement celui d'un suicidaire qui non content de courir à sa perte entraînerait sa famille politique avec lui. Je vois les choses différemment : je vois un homme qui persévère dans l'adversité, qui ne renonce pas aux premiers aboiements des meutes ( elles sont nombreuses et parfois inattendues), combat seul contre tous, démontre un certain courage. On voudrait nous faire passer ces qualités pour des défauts, alors que ce sont là les traits de caractère indispensables à un chef depuis que l'homme est l'homme. Mais c'est vrai qu'en cinq ans beaucoup se sont habitués à plus de mollesse de tergiversations, de compromissions. Y compris dans ce camp qui est le sien, qui a lui aussi mis le genou à terre depuis longtemps, renoncé à exprimer des idées fortes de peur de déclencher l'ire des censeurs, de cette gauche dans laquelle au fond beaucoup se sentiraient si bien, dont ils ont adopté les mots et le logiciel, où l'on carbure à l'eau tiède. Cette grande famille du consensus mou où l'on fait carrière en évitant de poser les questions qui fâchent, si grande cette famille, qu'elle peut accueillir des Estrosi, des Bertrand, des MKM, des Collomb des Juppé des Macron, des monteurs de marches du Festival de Cannes, des fêtards de la nuit du ramadan, tous ces VIP qui s'imaginent encore avoir un rôle à jouer mais qui au fond ne souhaitent rien d'autre qu'entendre jouer encore un peu les violons du Titanic, demandent une dernières fois un cure-dents et 30 secondes sur BFM.
Alors quand je vois François Fillon braver les vents contraires sans trembler, je ne pense pas qu'il est fou, orgueilleux, déraisonnable ; je pense qu'il a la trempe d'un homme d'Etat et qu'il n'a pas besoin des petits soldats qui se sont éparpillés sous la mitraille quand le devoir leur imposait de faire corps autour de leur chef.

6 commentaires:

  1. S'il vous plaît, on écrit "un homme d'Etat", toujours !
    Cette faute est régulièrement commise sur le Net...

    Ursula

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  2. Le capitaine courageux devrait s'adresser à son équipage en ces termes : "montez ou descendez mais cessez ce va-et-vient ridicule qui risque de nous faire chavirer !"

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    1. Ça y est : le bateau vient de partir. Sans les renégats restés aux fers.

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  3. c'est ce qui me plait chez lui, cet entêtement, ça nous changerai du gros tout mou

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    1. Entêtement est péjoratif, je préfère persévérance.
      Certes ça nous changerait de fraise des bois...

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A condition toutefois de rester dans les bornes habituelles, largement connues de tous.