lundi 10 avril 2017

Dérapage de printemps


                                                       C'est quoi le problème ?

Alors voila elle aurait dérapé. Atavisme et génétique, le dérapage doit couler dans son sang de bête immonde. Le mal, logé sournoisement dans quelques ganglions, ressurgit à l'occasion d'un stress, souvent en période électorale. Comme jadis son casse-cou de père aimait tant le faire, elle aurait emprunté l'une de ces routes signalée dangereuse dans le guide du routard bien-pensant, bordée des précipices du déshonneur. Elle y aurait loupé un virage pourtant bien indiqué, bien clignotant, parfaitement entretenu par la police de la pensée. Dans pareil cas de figure ne compter sur personne pour le dépannage. C'est plutôt l'hallali : qu'elle crève !
Mais qu'a-t-elle dit de si choquant bordel de merde ? Peut-on encore parler dans ce pays ? A-t-elle tenu des propos négationnistes, révisionnistes, fait des blagues foireuses ? Non. A-t-elle glorifié le nazisme ou la collaboration, rêvé à haute voix de nouveaux pogroms ? Non. Elle a simplement manifesté comme beaucoup de Français le ras de bol de la repentance éternelle, le ras de bol de cette condamnation à perpétuité qui pèse sur eux comme sur leurs descendants, elle a discuté, si j'ose dire, d'un point de détail de l'histoire de France : en 40 la France était-elle à Vichy ou à Londres ? La France, largement victime faut-il le rappeler de la folie de l'époque, est-elle coupable dans sa globalité ? Faute grave que d'avoir posé cette question ! Oser douter de la culpabilité des Français est impardonnable ! Depuis Chirac la France est coupable, culpabilité transmissible et indiscutable, le Vel d'Hiv c'est vous, c'est moi, nos enfants, nos petits-enfants ; ça vient de nos salauds de grands-parents, un point c'est tout. Pourtant avant lui, de De Gaulle à Mitterrand et avec bien des historiens, tous ou presque s'accordaient pour dire exactement comme elle aujourd'hui. La grande réconciliation nationale avait voulu ça. Et c'était bien ainsi, si l'on compare avec la grande dislocation actuelle.
Mais il fallait qu'elle dérape celle qui fait insolemment la course en tête. Ruth se lèche les babines, tous les prétendants y vont d'une unanime condamnation. Faute grave ! Faute grave ! Qu'on me la montre, me la démontre, me l'explique la faute !
Et bien non : jamais je ne considérerai comme fautifs ceux qui nous invitent à relever la tête, toujours je regarderai avec mépris ceux qui se joignent aux censeurs, aux accusateurs, tous ces Saint Just qui ne nous aiment que courbés, ne voient en nous que des suspects, regrettent de ne plus pouvoir nous faire rouler la tête dans la sciure.

Marine + 1 comme on dit dans la blogosphère !

Rajout de dernière minute :
Je découvre ça.
Ben oui, évidemment...

Sur ce sujet, l'Heure des Pros qui, grâce à Monsieur Praud va finir par devenir la meilleure émission de télé :



Dans cent ans peut-être encore...
 Mitterrand.

 

24 commentaires:

  1. texte scandaleux: diviser pour mieux régner, conditionner, c'est son crédo et ça marche. Mêmes propos immondes que son père mais plus retorse encore cette culpabilisation faite avec une pseudo neutralité bienveillante reposant sur l'assurance que cet anonymat là sera commun à beaucoup d'autres qui comme elles semblent se nommer avec de moins en moins de complexes. John.

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  2. Eh! bien franchement, si je m'attendais à cette plaidoirie sous votre plume ! En fait oui je vous soupçonnais d'en être capable et je vous en félicite.
    Comme les vacances de Pâques vont ralentir les affaires en cours, cette polémique artificielle va sans doute nous empoisonner pendant quelques jours encore et permettre de dégager les profils des candidats (avec ou sans jeu de mots, au choix).

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    1. Polémique artificielle oui, mais que l'on s'empresse de monter en mayonnaise.

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  3. Et ils vont longtemps nous gonfler avec ce passé ? mon grand père a vu tous les siens partir en fumée , jusqu'à sa disparition, il a vénéré la France, qui l'avait accueilli lui qui arrivait de la Russie des pogroms, il n'a jamais considéré que la France était responsable, il a toujours honoré la mémoire des 80 députés qui avaient refusé les pleins pouvoirs à Pétain quand tout le reste de l'Assemblée et du sénat votait cette décision, ce sont les mêmes où les descendants qui aujourd'hui nous jouent les effarouchés la France millénaire n'a rien à voir avec cette ignominie, la France est une vieille dame qui a été construite par des gens merveilleux et avec ses accidents de parcours avec quelques salopards au passage, à toutes les époques, elle est resté une grande Dame, que les opportunistes et les pleurnicheurs de toutes tendances lui foutent la paix, les collabos du moment pourront dans quelques années pleurer sur les victimes du moment, ça leur donnera bonne conscience ! Quand à ceux du Crif, je préfère n'en rien dire.....

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    1. la France est une vieille dame qui a été construite par des gens merveilleux et avec ses accidents de parcours avec quelques salopards au passage, à toutes les époques, elle est resté une grande Dame

      Parfaitement d'accord avec vous Boutfil. Il y en a plus qu'assez de cette pensée tyrannique qui voudrait nous interdire de parler de notre passé. Ce doit pourtant rester notre liberté la plus totale de citoyens.

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  4. Ce n'est pas pour en parler que vous avez besoin de ce genre de support haineux, c'est pour idéaliser, vous donner une caution pour refaire une histoire qui ne vous plait pas mais que personne ne vous empêchait pourtant d'aborder en la respectant, ce que vous avez donc peut-être essayé de faire mais comme c'est plus difficile, moins vendeur et que les gens écoutent moins, vous dites que c'est interdit? Quel mensonge, quel raccourci dangereux et pour quel tri d'audience, d'ailleurs, ne vous étonnez pas qu'on puisse ne même plus se poser même plus la question.

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  5. sans la répétition de même plus, c'est mieux.

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    1. Où voyez-vous de la haine ? De l'emphase peut-être, un peu, il en faut bien, de l'indignation aussi mais une indignation bien naturelle quand on voit dans notre pays que chaque mot prononcé est soupesé, inspecté à la loupe passé au scanner.
      Mais de la haine non : ce sentiment m'est étranger.

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  6. comme la négation, j'imagine...

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  7. Ce n'est pas en réduisant la pensée à un point qu'on élève le niveau du débat. Tout au plus signe-t-on ainsi le mépris ainsi qu'un vague sentiment de supériorité...

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  8. Fredi, j'ai répondu à votre commentaire sur mon blog. Navrée pour le retard, je ne l'ai vu qu'aujourd'hui et vous en remercie.
    Précieux encouragement.

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  9. Oui mais j'ai mes oreilles de la mer qui ne sont pas remontées de leur détresse silencieuse alors vous comprenez madame...madame?

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    1. Je crois comprendre ce que vous dites, c'est beau et profond. Je vous entends et je souffre avec vous.

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    2. Oh moi, Madame, Mademoiselle, avec ou sans majuscule, vous savez, j'dis ça j'dis rien, c'est pour être poli hein.

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    3. Vous avez bien de la chance de comprendre Barbara.
      Moi j'en suis réduit aux extrapolations.
      Le problème que je soulève d'ailleurs est tout autre et ne se résume pas aux souffrances des uns et des autres.Cette époque détestable a de toute façon laissé trop d'orphelins, brisé trop de vie. Mais je ne supporte pas l'idée d'une culpabilité collective et transmissible ad vitam aeternam.

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    4. Ma compréhension se rapportait exclusivement à la formule poétique de Jean, qui peut avoir de multiples sens indépendamment du contexte ...
      Pour le reste j'abonde dans votre sens.
      Suis-je assez claire ainsi, je ne voudrais pas avoir l'air d'une girouette !

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  10. Hmmm...
    De divers côtés je vois un regain d'activité des "censeurs" tels que Jean.
    Je me demande ce qui les excite plus particulièrement en cette période électorale, est-ce que c'est censé apporter un "+" au "bon candidat" ou histoire de "noter les noms" ou juste une question d'hormones et d'adrénaline qui les fait reluire à la perspective de lutter contre la bête immonde (et blonde...)?

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    1. Chirac, ce crypto communiste, a ouvert la boite de pandore, apporté son coup de pioche à la déconstruction. En pensant réconcilier il a participé à la dislocation.
      Les censeurs en profitent, pourquoi se gêneraient-ils.

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  11. À ce que je sache, ni Mitterrand ni Chirac n'ont nié Vichy et la Shoah.

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  12. C'est pourtant ce que ça deviendrait "un simple propos de plus dans le tapage médiatico-politico-électoraliste", si vous l'aviez laissé dire et entendre de cette manière avec ces guillemets rendant tout relatif et subjectif, ce qui n'est donc pas le cas.

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