dimanche 30 juillet 2017

Mémoires de S.


                J'avais le plus bel amandier du quartier, j'avais plus bel amandier du quartier...

Un instant j'ai cru que Météo France s'était trompé, que nous aussi nous allions la recevoir l'ondée rafraîchissante. Mais non. Les nuages noirs chargés d'orages sont allés crever au-delà du Coiron, sur les plateaux de la Haute-Loire qui n'en ont pas besoin. Ils m'ont rejoué le mauvais tour fait au Bossu de Pagnol. Et les températures montent, montent. Le ruisseau qui jadis murmurait tous les étés à l'ombre des figuiers est désespérément sec. Nous ne sommes que le 30 juillet et, si la végétation est ici essentiellement composée de chênes rabougris, de chênes verts, si les seuls résineux que nous ayons sont quelques bouquets de cades clairsemés, on devine qu'il s'en faudrait de pas grand-chose pour qu'ici aussi les collines s'embrasent.
Plus encore : il me devient pénible de constater à chaque nouveau passage les dégâts provoqués par des évènements climatiques de plus en plus violents : ici ce sont des berges arrachées et des tonnes de cailloux emportées dans le lit du ruisseau ; là c'est une grosse branche d'un peuplier bi-centenaire brisée, jetée à terre ; plus loin c'est une lourde passerelle de métal, posée sur les deux rives au 19e siècle, emportée comme une planche de bois. Ces crues que l'on disait autrefois décennales, se produisent désormais une à deux fois par an voire plus. On les attendait assez naturellement à l'automne (épisodes cévenols), elles s'invitent depuis peu aussi au printemps et leur rage a été démultipliée.
Si, comme nous le prédisent les climatologues, ces événements devaient devenir la norme, alors cette région que j'aime tant prendrait des aspects inhospitaliers inconnus jusqu'alors.
Prions pour qu'ils se trompent.

2 commentaires:

  1. La terre fait ce qu'elle veut quoiqu'en disent les hommes, elle n'a jamais demandé l'autorisation de changer les saisons et de se transformer au fil des millénaires, un coup chaud, un coup glacial, un coup de volcan, les hommes doivent subir et s'adapter où mourir , la terre est libre , même si on la voit n'en faire qu'à sa tête, au gré du soleil et de la lune qui eux aussi n'en font qu'à la leur , les siècles précédents devraient l'avoir appris aux hommes mais ils n'écoutent pas

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  2. La terre est libre et la nature fait parfois mal les choses contrairement à l'idée répandue...

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Chacun peut ici donner libre cours à sa fantaisie.
A condition toutefois de rester dans les bornes habituelles, largement connues de tous.