samedi 29 juillet 2017

Retour aux sources



Le partage des eaux, d'Alejo Carpentier, aurait pu tout aussi bien s'appeler retour aux sources. Retour aux sources de la vie d'avant la création, retour au paradis perdu où l'or et le temps n'avaient aucune valeur. Paradis grandiose que l'on atteint non sans risques et que bien sûr on ne voudra plus jamais quitter, paradis dont les portes sont si étroites qu'il serait absurde et regrettable d'en perdre les clefs.

Nous sommes dans le monde de la Genèse, à la fin du quatrième jour de la création. Si nous reculons un peu plus, nous parviendrions à l'époque où a commencé la terrible solitude du du Créateur, la tristesse sidéral des temps sans encens et sans louange, lorsque la terre était vide et en désordre et que les ténèbres recouvrait la face de l'Abîme. [...]
Je vais me soustraire au destin de Sisyphe que le monde d'où je viens m'a imposé ; fuir les professions creuses, la course de l'écureuil dans son tambour, le temps mesuré, les métiers obscurs. Les lundi cesseront d'être pour moi des lundi des Cendres ; il n'y aura même pas lieu de se rappeler que le lundi est lundi, et la pierre que je portais passera à celui qui voudra se charger de son poids inutile.

Il avait raison mon ex député-maire que je croisais il y a peu dans ma librairie de quartier, qui me conseilla vivement la lecture de ce livre : il est encore plus lumineux que le Siècle des Lumières. Me reste pour la fin de mon séjour le Recours de la Méthode et je crois que j'aurais alors un bel aperçu de l'oeuvre d'Alejo Carpentier.

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