4/03/2018

Deux minutes d'arrêt




Je ne sais pas trop quoi penser du mouvement social engagé par les agents de la SNCF. Ayant en mémoire mes années militantes, il a à priori toute ma sympathie. Comme eux je fais partie d'un ancien monde qui refuse de mourir. Comme eux je sais que le verbe "réformer" est aussi synonyme de  régression sociale, que sous ses apparats de la modernité il a souvent les traits hideux de l'exploitation humaine.
Qui gagnera ?
Si le gouvernement renonce je ferai péter une bouteille de mousseux pour fêter les battants, ces hommes qui auront choisi de perdre au présent quelques journées de salaire pour préserver leur futur et celui de ceux qui les remplaceront un jour.
S'ils venaient à perdre je leur souhaite que cela se fasse dans des conditions honorables, acceptables.
Après tout pour que les trains partent à l'heure, il faudra toujours des aiguilleurs et des hommes pour les conduire.
Des hommes, pas des esclaves.
Mais s'ils venaient à perdre, si l'avenir de leur société est aussi un abandon programmé, une cession au privé, si cette institution ancestrale de service public devait comme beaucoup d'autres être offerte  au libéralisme revanchard, alors il faudrait m'expliquer pourquoi mes impôts ne baissent pas, pourquoi au contraire ils augmentent.
Car la Société Nationale des Chemins de Fer, ses trains, ses voies, c'est moi, c'est toi, c'est nous, qui par notre travail, nos impôts, les avons payés, et si demain cela ne nous appartient plus, je veux en voir la conséquence immédiate sur ma déclaration fiscale.
Macron devrait rapidement mettre un terme à cette contradiction qui devient jours après jours plus criante.

8 commentaires:

  1. Oui, d'un autre côté il faut pourtant voir le lent déclin de la France, la pauvreté qui augmente. Et pour couronner le tout, l'immigration incontrôlée crée de nouvelles problématiques qu'on n'a pas fini d'analyser...

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    1. Le lent déclin de la France quand c'est le gouvernement qui y travaille ça fait mal...

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  2. Bien vu, en même temps, certaines catégories de personnels comme disent certains, ont tout de même poussé le bouchon un peu loin, et sans pour autant passer aux mains des requins , raboter certains privilèges d'un autre âge devraient suffire si les intentions étaient honnêtes de part et d'autres

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    1. Je ne suis pas scandalisé par ces privilèges qui à mes yeux n'en sont pas quand on gagne 1500 brut mensuels.

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  3. Votre plaidoirie est grandiose, Me Fredi ! Toute empreinte de finesse et de nostalgie, elle souligne bien les défis actuels. Et ces derniers sont immenses quand on fait le tour des problèmes.

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    1. On n'en fera jamais le tour des problèmes : chaque jour nous en apporte un nouveau.

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  4. S'il s'agissait d'une grève "normale", à peu près d'accord...
    Mais il faut aussi tenir compte de ce mail "confidentiel" de la CGT-Cheminots, dont on a assez peu parlé:
    "Cette proposition de grève prend tout le monde de court ! Je vous invite d’ailleurs à voir la tête de Guillaume Pepy sur TF 1 le soir de l’annonce et de la ministre Elisabeth Borne sur BFMTV, c’était tout simplement jouissif. La direction avait anticipé et s’est organisée pour une grève dure et reconductible classique. Ils n’ont à aucun moment senti venir le coup"
    Jusque-là... rien de bien méchant, mais la suite est moins banale
    "Si jamais nous voyons que ces deux jours (de grève) ne suffisent pas à désorganiser la production alors nous pourrons toujours durcir le ton(...)La désorganisation du travail devra se faire également sur les jours ouvrés mais je ne vous en dis pas plus sur ce mail, je pense que vous avez compris où l’on veut en venir"
    Heureusement, l'auteur de ce courrier tient à préciser:
    "Il ne s’agit en aucune manière de préparer des actes de sabotages. Nous ne ferons qu’appliquer scrupuleusement le règlement. Jamais dans l’Histoire de la SNCF, les cheminots n’ont été aussi violemment attaqués et humiliés, poursuit le syndicaliste. Nous ne faisons que nous défendre..."
    Attaqués et humiliés... eux aussi !

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    1. Les cheminots n'ont pas une réputation de bisounours mais ce mail est peut-être un fake.
      Quoi qu'il en soit ils sont effectivement attaqués, et leur réponse ne peut pas être de tendre la joue gauche.

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