5/25/2018

Au Palais




L'autre soir j'étais à l'Opéra. Il n'est pas dans mes habitudes de fréquenter ce genre de lieux, je n'y ai point d'abonnement, mais ce soir là j'y étais un peu obligé.
Au Palais Garnier il n'y a plus guère d'opéras depuis que Mitterrand en a  décidé ainsi, la vieille bâtisse, qui perd un peu ses pierres et ses ornements, est essentiellement dédiée à la danse. L'Opéra lui, a pris la Bastille.
Quatre tableaux ponctuaient la soirée entrecoupés d'entractes assez longs pour aller fumer sur la terrasse, boire une coupe de champagne. Le premier de ces tableaux était intitulé "Frôlons" et donnait envie de fuir. Mais les suivants, "The art of not looking back", " The mâle dancer", et surtout le dernier,  "The seasons'canon", avaient de quoi émouvoir le néophyte que je suis, cet indécrottable plouc qui n'entrave que pouic à la danse et encore moins à la danse contemporaine. Comme quoi dès lors que l'on dispose d'un peu de sensibilité tout devient accessible. Démocratisons la culture !
C'est en cours d'ailleurs et ce qui m'a frappé c'est aussi le public qui, désormais, semblant prendre au pied de la lettre le slogan d'un clown célèbre, vient un peu comme il est. Un peu trop parfois. Et je me suis pris à rêver d'un aller-retour comparatif dans le temps : arrivé en calèche j'entrais dans ce temple, vers 1800 et des poussières, aux bras de ma belle pour une représentation de "Didon et Enée", elle dans une robe à volants et rubans de dentelles, moi dans une redingote avantageuse, canne à pommeau (ou à système, je suis déjà un peu voyou) à la main.
J'suis rentré en métro avec plein d'idées ambivalentes dans la tête. La principale étant que tous ces beaux monuments pouvaient bien s'écrouler ça n'aurait aucune espèce d'importance : ils ne parleront bientôt plus à personne. La faune grouillante et souterraine attend autre chose que nos nostalgies conservatrices ne lui apporteront pas. Faut bien comprendre.
Il est temps d'achever la révolution, de tout raser. Allons danser à La Busserine !
Rideau !



4 commentaires:

  1. Il ne faut pas vous décourager, Fredi, la civilisation et la culture survivent toujours sous une forme ou une autre, ne serait-ce que par l'écriture. Ce que nous faisons ici-même en réalité, c'est bel et bien de la culture...

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    1. Nous faisons de la culture vous croyez ?
      Comme M. Jourdain alors !

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  2. quoique je n'aime pas la danse contemporaine, je comprends que certains puissent y trouver leur bonheur, mais ce qui me heurte véritablement, c'est justement le " venez comme vous êtes" parce que c'est une politesse pour les artiste et pour le lieu alors bien sûr c'est une position de vieille retardataire diraient les adeptes du truc,mais il y a un certain respect à avoir, c'st d'ailleurs pour ça que tout part en sucette dans ce foutu pays, le manque de respect pour tout et tous, que restera-t-il à nos descendants des jolies choses du passé qui pourraient leur rappeler d'où ils viennent et où ils vont

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    1. Peut-être que le public de la danse contemporaine est moins regardant sur ce qu'est une tenue correcte.
      Pour être juste les "venez comme vous êtes" n'étaient pas les plus nombreux.

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Chacun peut ici donner libre cours à sa fantaisie.
A condition toutefois de rester dans les bornes habituelles, largement connues de tous.