dimanche, mai 06, 2018

Voyage




C'est étrange comme expérience, l'impression de remonter le temps. Parti de Paris-Bercy à huit heures, j'arriverai à Lyon un peu avant treize heures. Pour faire moins bien il m'eût fallu prendre une diligence. A Lyon je n'en aurai pas fini pour autant : il me faudra poireauter plus d'une heure avant d'avoir la correspondance pour Valence. Autant dire que je voyage à l'ancienne, dans cette époque où le TGV n'avait pas encore rétréci les distances, déformé l'hexagone. Mais ce n'est pas par choix ou goût de la lenteur que je me retrouve dans ce train du siècle dernier : j'ai pris ma décision trop tard et tout était complet, ne restaient que quelques places à des prix très dissuasifs. Alors je me traîne dans ces beaux paysages de France que le soleil rend encore plus agréables à contempler. Villages, cours d'eau, prairies et collines boisées, je redécouvre le voyage. J'ai pour meubler le temps un livre : Mont-Dragon de Robert Margerit. Mais les premières pages m'ennuient profondément. Je ne suis pas certain d'être intéressé par la vie de ces bourgeois de province.
Tiens...
Nous sommes à l'arrêt au milieu de nulle part.
Je crois que ça va être interminable...

Beaune deux minutes d'arrêt. Dans deux heures nous serons à Lyon. Mon Dieu que c'est grand la France à 130km/h !



On dirait le sud :







3 commentaires:

  1. C'est très emmerdant, Montdragon ! (Et encore, ce n'est rien à côté du film qu'on en a tiré, avec le grotesque Brel dans le rôle principal…)

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    1. Ah oui je confirme !
      Ça me fait penser à un livre de Drieu la Rochelle qui m'était tombé des mains : Rêveuse Bourgeoisie.

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    2. Mont-Dragon est bien en deux mots pour ce qui est de l'exemplaire en ma possession.

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Chacun peut ici donner libre cours à sa fantaisie.
A condition toutefois de rester dans les bornes habituelles, largement connues de tous.